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"Le blog de François Maurin" - 5 new articles
« Oui mais moi, mon entreprise exige des slides. »Cette objection est arrivée, comme prévu, après mon dernier billet sur PowerPoint. Alors, réglons la question. Quand votre entreprise exige des slides, trois postures s'offrent à vous. La première : utiliser PowerPoint correctement. C'est-à-dire pour votre auditoire, jamais pour vous. Une image qui frappe, un chiffre qui reste, un schéma qui éclaire ce que vous dites. La slide sert à ceux qui écoutent. Elle n’est pas là pour vous servir de prompteur. Le test est simple : si votre présentation s'effondre quand l'écran s'éteint, ce n'était pas une présentation, c'était une lecture publique. La deuxième : le courage. Ne pas faire ce que tout le monde fait. Arriver sans slides, regarder les gens, leur parler. C'est audacieux, et l'audace se remarque. C'est précisément son intérêt. Dans une journée de douze présentations identiques, celui qui se lève sans slides derrière lui affirme son style, prend le pouvoir. Pourquoi les hauts dirigeants n’utilisent que peu ou pas de slides, à votre avis ? La troisième : le conformisme. Personne n'a jamais été viré pour avoir fait une mauvaise présentation ! Alors, vous obéissez à la loi du plus grand nombre, vous empilez les bullet points, et vous vous oubliez dans le gloubiboulga général. C'est confortable, mais cela vous rend invisible. Ces trois postures sont des choix. N’allez pas croire que vous n'avez pas le choix. Vous l'avez toujours. La vraie question n'est pas « est-ce que mon entreprise exige des slides ? » La vraie question est : « Qui décide de ce que vous faites face à une salle qui vous écoute, votre entreprise, ou vous ? » Ils se savent meilleurs, ils le voient et pourtant ils reviennent en arrière dès le lendemain...Une fois encore, dans le groupe que je viens d'animer, la même révélation : à quel point PowerPoint abîme une bonne communication. Les participants ne me croient pas sur parole. Filmés, ils se voient à l'écran, avec et sans slides. Le verdict est sans appel : tellement meilleurs sans. La connexion à l'auditoire revient. Les arguments gagnent en force. Le débit se fait plus fluide. Le contact visuel n'est plus interrompu toutes les deux secondes pour vérifier sur la slide ce qu'il faut dire ensuite. Ils sont meilleurs, ça leur saute aux yeux. Pourtant, dès le lendemain : retour au PowerPoint pour la plupart. Pourquoi ? Parce que c'est ce que tout le monde fait. Parce que dans la majorité des entreprises, un dogme fait loi : « Ici, on a toujours fait comme ça. » Il n'existe pas de dogme plus destructeur. Si vous faites ce que tout le monde fait, vous obtiendrez ce que tout le monde obtient : la sécurité de vous fondre dans le décor, mais cela au prix de votre originalité, de vos idées, de votre puissance. Le pire PowerPoint n'est pas celui qui endort votre auditoire, mais c'est celui derrière lequel vous vous cachez. À vous de choisir : vous rassurer, ou prendre le risque de les impressionner.
Pourquoi vous devriez porter le tee-shirt de votre groupe préféré.Pas pour afficher vos goûts. Personne n'en a Cure 😉, et c'est très bien ainsi. Mais, pour créer des conversations. Je porte régulièrement mon sublime tee-shirt bleu de Bon Iver, mon groupe favori. J'ai 60 ans, l'âge des chemises, paraît-il. Mais à chaque fois que je le porte, je croise un ou deux fans et cela ouvre à la rencontre de gens fabuleux. La musique de Bon Iver ne peut attirer que des gens fabuleux. Rassurez-vous : cela marche aussi avec Depeche Mode, Kendrick Lamar, Taylor Swift ou Ed Sheeran. « Fabuleux » est une notion relative. Bien sûr, je suis préparé. Quand je reçois ce clin d'œil complice qui signifie « j'ai vu votre tee-shirt et je suis d'accord », je m'approche. Et je déroule un petit script. « Alors, vous aimez Bon Iver, j'ai vu votre clin d'œil ! Quelle est la chanson qui vous a fait tomber dedans ? » C'est un exercice de santé mentale. Aller vers des inconnus, traverser l'inconfort, et savourer le plaisir de nouer une relation, de découvrir des horizons différents des miens. Un tee-shirt, une question, une rencontre. À une époque où les algorithmes ne nous connectent qu'à des gens virtuels et qui nous ressemblent, un tee-shirt fait mieux : il connecte à des gens du vrai monde et qui nous surprennent. Et vous, quel tee-shirt avez-vous dans votre penderie ?
Je suis tombé hier sur Vinted sur le tee-shirt et le billet du concert de Marillion à Lyon en 1985. Mon premier concert… Juste envie de partager ça avec vous. Il y a des clins d'œil qui ne s'ignorent pas !
« Mais, je plaisante ! Ne te vexe pas ! »Vous connaissez la scène. En réunion, quelqu'un vous envoie une pique. Bien sentie et devant tout le monde. Vous le prenez mal et c’est tout à fait normal. Et l'auteur de lâcher, avec un grand sourire : « Je plaisante ! Ne te vexe pas ! » Tout le monde ou presque se met à rire. Vous aussi, peut-être, pour ne pas vous exclure du groupe, pour faire bonne figure. Pourtant, ce n’est pas drôle. Quelque chose de grave vient de se passer, et personne ne moufte. Personne n’est là pour protéger la personne visée. Tout le monde minimise alors qu’il n’y a rien à minimiser. L'humour et l'humiliation commencent par les mêmes lettres. La parenté s'arrête là. L'Analyse Transactionnelle a un nom pour cette scène : une transaction à double fond. En surface, une plaisanterie : au niveau social, tout va bien. En dessous, un message est caché : je te remets à ta place, devant témoins. Le « je plaisante » n'est pas une excuse, c'est le mécanisme même. Il permet de frapper et d'interdire à l'autre de se défendre dans le même mouvement. Si vous réagissez, vous manquez d'humour. Si vous encaissez, le coup est porté. Éric Berne appelait cela un jeu. Le gain du joueur : votre silence. Comment sortir du jeu ? Pas en contre-attaquant, vous entreriez dans le jeu. La sortie : rester dans votre état Adulte, celui qui décrit les faits sans émotion et sans jugement. Trois phrases suffisent, selon votre position dans la scène : Si vous êtes visé : « Tu plaisantes peut-être. Moi, ça ne me fait pas rire. » Calme, factuel, sans agressivité. Vous ne discutez pas l'intention, vous nommez l'effet. Personne ne peut vous contester votre propre ressenti. Si vous êtes témoin : « Je ne suis pas sûr que ça ait fait rire tout le monde. » Le silence des témoins est le carburant du jeu. Une seule voix qui décrit ce qu'elle voit, et le jeu s'arrête. Si vous êtes manager : le sujet se traite à chaud, brièvement, et devant le groupe, parce que l'humiliation a eu lieu devant le groupe. « On reprend » n’est pas à la hauteur. « Cette remarque n'a pas sa place ici » suffit. Que les choses soient claires : il est possible de rire de tout, y compris devant la personne. Une blague est une blague et le restera ; le monde a besoin de ses clowns. Que quelqu'un le prenne mal ne prouve pas la faute, la susceptibilité existe aussi. Cependant la vérité se révèle souvent une seconde après la chute de la blague, dans la réponse au malaise. Celui qui plaisantait répare. Celui qui visait accuse : « Tu es trop sensible. » Alors, restez vigilant. Ne laissez pas faire et ne vous laissez pas faire. Et surtout, ne jouez pas ! RelaxationJe faisais un stage d'impro vocale. La voix, c'est mon dada et la voix, c'est le corps. Dans ce groupe magnifique, une danseuse. Le matin, je la regarde s'échauffer : elle se contorsionne, se déplie, tient des poses que je ne peux envisager qu'en rêve. C'est beau. Je m'approche, je la félicite. Elle m'invite à la rejoindre. Je décline et j'avoue : je suis raide et pas qu'un peu. Pour mille raisons, je peine à me pencher en avant, m'assoir en tailleur est un challenge et le mot Yoga provoque chez moi un réel malaise. Mon corps n'a pas accès à sa propre souplesse. Elle me dit que cela se travaille. Je connais la chanson, lui dis-je, mais jusqu'ici les fruits se font attendre. La souplesse, m'explique-t-elle, ne loge pas toujours là où je l'imagine. L'une de ses professeures de danse lui avait confié un jour que l'exercice le plus important pour rester souple n'était pas une posture, mais une visualisation : allongé, les yeux fermés, parcourir chaque muscle, chaque articulation, et les imaginer dans leur forme la plus détendue. Aucune pose absurde à tenir. Juste conscientiser, puis relâcher. Se relaxer est la clé de la perception. Se détendre, c'est se donner accès au corps et à sa sagesse.
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