Un billet pratico-pratique en ce jour de neige intense sur la région parisienne, parce qu’il ne faut jamais oublier le réel, l’évident, le vivant. Quand ça glisse dehors, que la neige ou la glace menacent votre équilibre à chaque pas, voici ...
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Le blog de François Maurin"Le blog de François Maurin" - 5 new articles

  1. Quand ça glisse !
  2. Vulnérable ? Et puis quoi encore ?
  3. Une quête nécessaire ? Que vous n'allez pas aimer !
  4. Humain et IA
  5. La vie est un processus de transformation
  6. More Recent Articles

Quand ça glisse !

Un billet pratico-pratique en ce jour de neige intense sur la région parisienne, parce qu’il ne faut jamais oublier le réel, l’évident, le vivant.

Quand ça glisse dehors, que la neige ou la glace menacent votre équilibre à chaque pas, voici une astuce venue du Québec : marchez en vous penchant légèrement vers l’avant et faites de petits pas. Adoptez une démarche faite d'humilité. À la chanoine ! 

Ce simple ajustement permet d’éviter ce que vivent trop souvent les Parisiennes et les Parisiens : la chute en arrière… et la fracture du coccyx qui va avec.

Une fracture particulièrement douloureuse — et terriblement handicapante au quotidien, pour se lever, s'assoir, dormir, vivre.

Prenez soin de vous.

Bonne journée.


   
   

Vulnérable ? Et puis quoi encore ?

Il y a un grand malentendu autour du mot vulnérabilité, que l’on cite volontiers comme une qualité sans toujours savoir précisément ce que l’on met derrière ce terme, sinon une idée vague et rassurante qui fait consensus sans réellement être incarnée. Beaucoup pensent qu’être vulnérable revient à être faible, ou, dans une version plus acceptable socialement, à accepter ses faiblesses et à ne pas renoncer à les montrer, notamment à ceux que l’on dirige ou à ceux à qui l’on s’adresse, comme s’il s’agissait d’une forme de transparence émotionnelle attendue, presque d’un devoir moral. 

La vulnérabilité n’est ni une faiblesse ni une mise à nu permanente, elle n’est pas une exposition de soi, encore moins une complaisance dans la fragilité ; elle commence bien en amont, au moment précis où l’on accepte de traverser ce que l’on ressent. Être vulnérable consiste à reconnaître, en soi et pour soi, mais aussi pour ceux qui sont en lien avec nous dans l’instant, qu’une émotion est là, qu’elle nous traverse, qu’elle affecte notre manière d’être présent, de parler, de nous relier, et à la nommer pour ce qu’elle est sans la dramatiser, sans la justifier, sans chercher immédiatement à la corriger ou à la maîtriser. C’est à partir de là, et seulement à partir de là, que quelque chose de juste peut se produire dans la relation ou dans l’instant.

Nous passons pourtant une grande partie de notre vie à faire exactement l’inverse, à ne pas reconnaître ce qui nous traverse, à le nier, à le contenir, à le contrer, persuadés que c’est ainsi que l’on “tient”, que l’on reste solide, que l’on garde le cap, alors que nous apprenons surtout à nous couper de ce qui est vivant en nous. À force de refuser nos émotions, nous fabriquons notre propre prison intérieure, faite de tensions retenues, de mots non dits, de réactions automatiques, et ce que nous rejetons en nous finit toujours par s’exprimer ailleurs, sous la forme de rigidité, de distance, d’agacement, ou d’une perte progressive de justesse dans la relation.

La vulnérabilité apparaît alors sous un autre jour, non plus comme une faiblesse à corriger ou un défaut à masquer, mais comme une véritable compétence intérieure, une capacité à rester présent à ce qui est là, même lorsque c’est inconfortable, même lorsque cela nous déstabilise. Elle n’est pas d’abord une qualité morale, mais une qualité de présence, et elle ne rend pas plus fragile, elle rend plus juste, plus ajusté, plus vivant.

La vulnérabilité n’est pas l’opposé de la solidité, elle en est la condition, car ce qui refuse d’être traversé finit toujours par se durcir, tandis que ce qui accepte de se laisser traverser peut, avec le temps, devenir sensible, intuitif, et capable de sagesse. C’est sur cette base-là, et sur aucune autre, que quelque chose de vrai peut se construire.


   
   

Une quête nécessaire ? Que vous n'allez pas aimer !

On aime à croire que ce qui nous rend humains, ce sont nos lectures, notre curiosité, notre intelligence, notre soif de comprendre.
C’est rassurant. Mais ce n'est pas tout à fait exact...

Nous n’apprenons presque jamais par amour du savoir.
Nous apprenons quand quelque chose résiste. Quand le réel nous contrarie. Quand rester dans le confort devient plus coûteux que d’en sortir.

La connaissance naît rarement du plaisir. Elle naît de la friction.

Ce qui façonne vraiment nos personnalités, ce n’est pas ce que nous avons compris, mais ce que nous avons traversé.
La trahison. L’abandon. L’humiliation. La peur. La perte.
La souffrance — ou plus exactement, la manière dont nous avons tenté de lui survivre.

Une personnalité ne se construit pas dans les livres, mais dans les failles.

C'est précisément pour cela que l’intelligence artificielle, aussi puissante soit-elle, nous oblige à déplacer la question.
L'IA va nous battre sur tous les terrains où l’intelligence se mesure : vitesse, mémoire, calcul, érudition.
Face à une machine qui a lu tous les livres jamais écrits, vouloir rivaliser intellectuellement est une illusion.

Mais lire Guerre et Paix n’est pas vivre la solitude d’André.
Ce n’est pas sentir l’effondrement intérieur de Natacha.
Ce n’est pas porter la fatigue morale du temps long, de la perte, du renoncement.

L’IA n’a pas d’enfance à réparer.
Pas de blessures à intégrer.
Pas de contradictions à habiter.

Surtout : elle n’a rien à perdre.

Ce que cette confrontation exige de nous n’est donc pas plus d’intelligence,
mais plus de présence.

Plus d’acceptation de l’inconfort.
Plus de courage à rester là où ça gratte, là où ça tremble, là où ça ne se résout pas immédiatement.

Car c’est précisément cet inconfort, celui que nous cherchons si souvent à éviter, qui nous fait grandir.
C’est lui qui affine notre discernement.
Qui approfondit notre empathie.
Qui rend nos relations vivantes plutôt qu’efficaces.

À l’ère de l’IA, notre responsabilité n’est pas de devenir plus performants.
Elle est d’oser être humain plus intensément encore.

Et cela commence peut-être par une chose très simple, et très exigeante :

ne plus fuir ce qui nous met mal à l’aise.


   
   

Humain et IA

Humain = présence.
IA = puissance.

L’humain est là. Ici. Maintenant. Il ressent, il perçoit, il doute. Il sent quand quelque chose sonne juste ou faux. Cette présence n’est ni mesurable, ni duplicable, ni accélérable. Elle ne se calcule pas. Elle se vit.

L’IA, elle, n’est pas présente. Elle est puissante. Elle va vite, très vite. Elle explore, combine, structure, déploie. Elle donne de l’ampleur, de la portée, de la forme. Elle amplifie ce qui existe déjà.

Le problème commence quand on demande à la puissance de remplacer la présence.
L’efficacité augmente, mais la justesse disparaît.

La bonne pratique est simple : ne jamais utiliser l’IA sans présence préalable.
Commencer par sentir. Clarifier ce qui est là, même confusément. Puis seulement demander à l’IA d’amplifier, d’explorer, de mettre en forme.

La relation devient alors féconde.
L’humain reste source.
L’IA devient amplificateur.

La présence donne le sens.  La puissance lui donne des ailes. 
   
   

La vie est un processus de transformation


La vie n’a qu’un seul mouvement véritable : transformer.
Pas nous améliorer, pas devenir quelqu’un d’autre… mais libérer ce que nous sommes déjà, profondément, silencieusement.

Tout le reste — nos réussites, nos occupations, nos projets, nos inquiétudes — n’est qu’un décor.
Un jeu.
Une distraction.
Une façon élégante de passer le temps pendant que l’âme, elle, attend qu’on la laisse respirer.

Au fond, ce que nous cherchons tous est toujours la même chose :
la liberté intérieure.
La sensation d’être enfin en accord avec ce que nous portons depuis toujours.

Et pourtant…
la plupart d’entre nous s’acharnent à coller des ailes sur leur propre chenille.
À bricoler des améliorations, à optimiser, à masquer, à polir.

Alors que le chemin n’a jamais été là.
La vraie métamorphose ne se bricole pas : elle se traverse.

C’est un renoncement avant d’être une construction.
Une mue.
Un passage étroit où quelque chose en nous accepte de mourir pour que quelque chose d’autre puisse enfin apparaître.

Ce n’est pas confortable.
Ce n’est pas joli.

Mais c’est la seule voie qui mène à la liberté de l’âme.


   
   

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